Selon un responsable européen de haut rang du secteur des affaires en Chine, quand il s'agit de la prise de contr?le par la Chine de leurs entreprises, les Européens restent encore nerveux.
Davide Cucino, Président de la Chambre de commerce européenne en Chine, a déclaré que de nombreuses entreprises européennes préféreraient être reprises par une autre entreprise européenne ou américaine plut?t que par une société chinoise.
? Je dois vous dire franchement que quand il y a des offres impliquant des propositions concurrentes, il est possible qu'une entreprise préfère vendre à une autre entreprise européenne plut?t qu'à une société chinoise ?, dit-il.
M. Cucino, qui dirige les activités du Finmecccanica Group en Chine, le premier conglomérat d'ingénierie italienne, dit qu'il est faux de croire qu'il n'y a qu'aux états-Unis qu'on se méfie des investissements chinois.
? Il y a toujours un sentiment d'incertitude lorsque les investissements qui viennent de Chine sont considérés. Vous avez les syndicats, les chefs de gouvernement et l'ensemble de l'opinion publique qui sont réticents à voir, au-delà des aspects négatifs, le c?té positif de ces investissements ?.
M. Cucino, qui s'exprimait dans les bureaux de la chambre, située dans le Lufthansa Center à Beijing, a déclaré que le Gouvernement chinois a eu raison de vouloir renforcer les investissements directs à l'étranger, car il est important que la Chine ait davantage de sociétés de niveau mondial.
Il a souligné que la plupart des 89 entreprises chinoises figurant actuellement dans la dernière liste Fortune 500 exercent la plupart de leurs activités en Chine seulement.
? La Chine veut créer davantage de champions nationaux. Si vous regardez certaines des entreprises figurant dans le Top 500, quelques-unes d'entre elles comportent très peu d'éléments internationaux. Elles sont là en raison de leur taille, mais elles ont le potentiel pour devenir plus internationales ?, a-t-il dit.
Le président de la chambre a ajouté que les investissements directs à l'étranger constituent, pour les entreprises chinoises, un moyen de construire les compétences nécessaires pour devenir plus compétitives au niveau mondial.
? Elles doivent mieux comprendre la gouvernance, acquérir de nouvelles compétences et être mieux préparées au rythme et aux défis des marchés internationaux ?, dit-il.
M. Cucino, qui vit en Chine depuis 26 ans, dit que beaucoup d'investissements directs chinois à l'étranger passent encore inaper?us, avec des entreprises chinoises qui prennent des participations dans des petites et moyennes entreprises et rachetant les branches recherche et développement de sociétés.
? Beaucoup d'entre elles ne sont pas de grandes entreprises, mais elles possèdent souvent le type de technologie haut de gamme que les entreprises chinoises n'ont pas encore. Il y a aussi beaucoup d'entreprises en Europe avec de bons produits, mais qui ne sont pas en bonne santé financière en raison des problèmes financiers que connait l'Europe ?, dit-il.
? Les entreprises chinoises ont également la force et la puissance pour offrir un prix élevé quand elles concluent un accord ?.
M. Cucino croit cependant que les entreprises chinoises ont les capacités pour faire des offres d'investissements directs à l'étranger beaucoup plus importantes au cours des cinq à dix prochaines années.
? De ce point de vue, l'Europe est beaucoup plus ouverte que les états-Unis et c'est pourquoi il y a davantage de potentiel pour des offres et investissements énormes ?, dit-il.
M. Cucino a ajouté que, cependant, si certains pays comme le Royaume-Uni sont ouverts aux investissements chinois dans des projets d'infrastructure comme la liaison ferroviaire à grande vitesse HS2 Londres-Birmingham, d'autres pays sont plus prudents.
? Il y a eu un certain nombre d'exemples où les pays se sont montrés préoccupés par les investissements dans les infrastructures et les services publics, mais je pense qu'il y aura toujours une tendance en leur faveur ?.
Il affirme que certains projets d'infrastructure se sont en revanche avérés trop difficiles pour les entreprises chinoises. Le China Overseas Engineering Group a ainsi retiré sa participation d'un projet de construction d'une autoroute de 447 millions de Dollars US en Pologne après avoir subi de lourdes pertes en 2011.
? Finalement, il a d? se retirer en raison de la nature instable de l'environnement dans lequel il se trouvait pour mener cette affaire à bien ?, a-t-il dit.